La carte du réseau écologique
Concrètement, le réseau écologique se traduit par un découpage du territoire en différentes zones, où les activités humaines sont plus ou moins intenses en fonction de l’intérêt biologique de ces zones. C’est ainsi qu’on peut notamment distinguer les zones centrales (ZC), dans lesquelles la conservation de la nature est prioritaire par rapport aux autres fonctions, et les zones de développement, dans lesquelles la conservation des espèces et des habitats sont compatibles à divers degrés, qui nécessitent une protection moindre que les zones centrales mais qui doivent être différenciées des zones de production traditionnelle.
Dans le cadre du PCDN, une première carte du réseau écologique namurois a été réalisée. Certains des éléments principaux identifiés répertoriés sur la carte du réseau écologique ont fait l’objet d’une mise à jour par l’asbl AVES (Annie Remacle et Jean-Paul Jacob) en 2001 et en 2002.
Enfin, dans le cadre de l’élaboration du Schéma de Structure Communal, une nouvelle carte synthétisant ces informations et intégrant des données supplémentaires émanant du SPW (périmètres du réseau Natura 2000, périmètres complémentaires du réseau Natura 2000 qui n’ont pas été retenus par le gouvernement wallon et Sites de Grand Intérêt Biologique (SGIB) relevés par le DEMNA) a été réalisée par le bureau d’études ICEDD. L’objectif de cette nouvelle cartographie est de servir à orienter les décisions en matière d’urbanisation et de localisation des activités, dans le cadre de l’objectif général du schéma de structure. On y retrouve la localisation des zones centrales, la distinction faite dans le PCDN entre les zones de développement prioritaire (ZDP) et les zones de développement ordinaire (ZDO) et la notion de zone de liaison.
Les zones centrales et zones de développement prioritaire sont représentées dans deux verts soutenus, tandis que les forêts non reprises dans ces zones (zones de développement ordinaire) et les zones de liaison (prairies permanentes, espaces verts et friches) sont reprises en couleur plus pâle. Les alignements d’arbres et de haies sont également représentés afin de venir compléter les informations sur la qualité des liaisons entre les différentes zones.
Afin de visualiser la qualité du réseau écologique namurois (positionnement des zones centrales et des zones de développement, des zones de liaison, des éléments du maillage), consultez la carte ci-jointe.
Un réseau écologique de qualité variable
La continuité et la diversité des milieux à certains endroits représentent un bon exemple d’un réseau écologique de qualité (c’est le cas notamment le long de la vallée de la Gelbressée, entre les villages de Gelbressée et de Marche-les-Dames). Ce réseau est moins continu ou de moins bonne qualité en d’autres endroits comme notamment au nord de l’entité où les plateaux agricoles sont majoritairement constitués de terres de cultures ou de prairies intensives. Le réseau écologique est fort discontinu au nord de la Sambre et au nord de la route de Hannut, les sites d’intérêt sont majoritairement des zones boisées : Bois de la Flasche à Flawinne, Haut bois à Saint-Marc et Bois de la Grande Salle, à Champion. La continuité entre ces milieux est rendue difficile par les grandes étendues de cultures et ce d’autant plus que les haies et alignements d’arbres ont très souvent disparu. Au sud de la route de Hannut et à l’est de la Meuse, on trouve majoritairement un réseau de bonne qualité, constitué d’éléments de grande taille et très diversifiés. La Nationale 4 joue cependant un important rôle de barrière. Un autre élément frappant est la concentration des éléments de grand intérêt en bordure de la Meuse. Beaucoup de ces éléments sont en effet insérés dans les périmètres Natura 2000 « Vallée de la Meuse de Dave à Marche-les-Dames » et « Vallée de la Meuse d’Yvoir à Dave ». Au sud du sillon Sambre et Meuse et à l’ouest de la Meuse, outre les quelques éléments situés en périmètre Natura 2000 « Vallée de la Sambre en aval de la confluence avec l’Orneau », le réseau est majoritairement constitué de prairies et de zones boisées. On notera cependant la bonne qualité du réseau de liaison développé par les haies et les alignements d’arbres. Les eaux de surface comprenant outre la Meuse et la Sambre, mais également les étangs, zones humides et autres cours d’eau (Houyoux, fond de Frizet…) constituent ce qui est communément appelé le maillage bleu, par opposition au maillage vert. L’heure est aujourd’hui à la revalorisation de ces milieux, par les nombreux efforts consentis pour l’épuration des eaux usées. Afin d’illustrer cet aspect sur la carte, les fonds de vallée sont représentés par l’extrait de la carte géologique illustrant les alluvions des fonds de vallée. Il convient de considérer les zones de liaison se trouvant sur ces alluvions de fond de vallée comme étant potentiellement d’intérêt pour le maillage bleu.
Un réseau bénéficiant d’un faible statut de protection
Une grande partie du réseau écologique namurois ne bénéficie pas actuellement d’un statut de protection. Seules les zones désignées en Natura 2000, les zones humides d’intérêt biologique (noues de Tailfer) et les réserves naturelles (Bois d’Erpent et de Wanchalle, Ile de Dave, Fort de Malonne) bénéficient d’un statut spécifique. Cela représente 22% sur l’ensemble de la structure écologique principale (Zones centrales et de développement prioritaire) identifiée soit 3.873ha.
Outre le fait qu’un site bénéficie ou non d’un statut de protection, il convient de rappeler l’importance que joue la gestion active en faveur de la biodiversité dans les zones centrales. Ainsi, la protection de certains sites doit souvent s’accompagner de mesures concrètes de gestion comme par exemple éviter le reboisement progressif des milieux ouverts. Sans ces mesures concrètes, l’intérêt de nombreux sites risque de diminuer en raison de la disparition des milieux qui en faisaient l’intérêt. La menace la plus importante sur ces sites est bien souvent la poursuite de l’urbanisation telle que prévue au plan de secteur. Ainsi, si l’on croise l’information en provenance de l’analyse faite sur la disponibilité foncière sur le territoire communal, on peut constater que 202ha situés en structure écologique principale sont potentiellement urbanisables, soit près de 5% de la surface totale.









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